dimanche 28 décembre 2008

Halte !

Comme pendant l’agression du Liban en 2006, la violence inouïe de l’attaque sur Gaza est incompréhensible!
est ce de la pure vengeance haineuse sur des centaines de civils? quelle civilisation alors!
est ce un calcul politique de Livni en vue des prochaines élections ? quelle démocratie alors !
est ce un stratagème géopolitique impliquant la région dans son ensemble ? quel cynisme alors !
ou est ce une démonstration de force pour redorer le blason d’Israël après la déroute libanaise? quelle arrogance alors !

Quelle qu’en soit la raison, il est urgent d’arrêter ce massacre et toute absurdité d’invasion terrestre.

vendredi 26 décembre 2008

« Je veux voir », à voir !

J’ai toujours eu un penchant pour les films engagés et ceux cinématographiquement innovants. « Je veux voir » est un des rares films qui coche les deux cases. Cet ovni cinématographique, mi-docu, mi-fiction relate un voyage de Catherine Deneuve dans le sud Liban…pour Voir.
Sans préliminaires, le film entre directement dans le vif du sujet. La star embarque dans une voiture conduite par un acteur libanais (Rabi’), et accompagnée par une équipe de tournage.
Après un bref arrêt dans les banlieues sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, l’équipage « s’enfonce » dans le sud.

Dans un style road movie à la Kiarostami, les dialogues entre Deneuve et Rabi’ représentent l’essentiel du film. Deneuve, représentante parfaite de la France, voire de l’Occident, montre par ses questions et ses réactions a quel point elle est déconnectée de la réalité du terrain. Ainsi, lorsqu’elle demande a Rabi’ de mettre sa ceinture de sécurité, juste après avoir évité de peu une mine antipersonnelle, il sourit et s’exécute.

Mais vers la fin du film, on sent quelque chose s’est passe en elle. En partageant les émotions de ce voyage avec un Libanais, elle a compris, sans avoir à rationaliser ce quelle a vu. Et c’est bien cela l’effet que produit le film sur nous, spectateurs.

lundi 1 décembre 2008

Tunisie : Carrefour des …codes génétiques !

Si on définit la distance génétique entre deux groupes humains comme une mesure qui est d’autant plus courte que le pourcentage des gènes qu’ils partagent est grand, et si on considère le groupe humains des « Tunisiens » , on s’aperçoit que ceux-ci sont, génétiquement, qu carrefour des Berbères, Turcs, Européens, Est Africain et Hindous.
Voici ce que montre un des panneaux de la sérieuse exposition permanente du musée de l’homme:
J’ignore pourquoi et comment on a pris les "Tunisiens" comme échantillon, mais je suppose que c’est justement pour prouver qu’une ethnie ne se superpose pas avec un territoire national.

Maintenant, si on élargit notre lecture de ce diagramme, on constate que le réseau génétique se superpose aux continents. Cela signifie que les distances génétiques entre groupes humains correspondent aux distances géographiques qui les séparent. La notion de races est donc absurde car il s’agit d’un continuum.

vendredi 21 novembre 2008

Diki-Diki à la sauce japonaise

J’ai trouvé l’équivalent nippon de notre chanson infantile. Elle ne parle pas d’un coq mais d’un petit poisson (tayaki-kun) qui se perd dans l’océan et se fait donc pêcher !
Musique très sympa de l’île d’Okinawa et énorme succès populaire au Japon.

jeudi 20 novembre 2008

Der guerre contre der Terroristen

Le terrorisme ne date pas de 2001, il n’est pas exclusif aux bronzés barbus (on peut aussi être blonde à forte poitrine) et il suit toujours les mêmes schémas quelque soit le pays, le contexte, ou la religion. Voici les quelques évidences que « La bande à Baader » vient nous rappeler.

Mais au delà de sa brûlante actualité, ce film réalisé par Uli Edel est d’une intensité dramatique exceptionnelle. Il retrace l’histoire du groupe terroriste fondé par Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Ulrike Meinhof dans l’Allemagne des années 70. En choisissant de faire des terroristes ses principaux protagonistes, Uli Edel tente d’expliquer, sans les justifier, les mécanismes qui font basculer un tel groupe dans l’action violente. Il utilise aussi le personnage du chef de la police, Horst Herold, pour réfléchir sur le terrorisme. Celui-ci sait que la répression n’est pas suffisante pour éradiquer un tel phénomène, selon lui il faut s’attaquer aux racines du mal.

mercredi 12 novembre 2008

Bonaparte et les musulmans

À l’occasion de l’excellente exposition Bonaparte en Egypte à l’IMA (très bien décrite ici par Camille Desmoulins), j’ai découvert plusieurs facettes de la relation entre le général de la révolution et la religion de Mohammed que voici :
  • Avant de partir, Bonaparte avait fait traduire le Coran
  • Aussi, il apporta avec lui des caractères d’imprimerie arabe (trouvés à Venise) afin de communiquer avec les gens dans cette langue. Il avait l’habitude de commencer ses communiqués adressés aux Arabes, et dont on peut voir un échantillon à l’IMA, par l’incontournable «Au nom de dieu le Clément le Miséricordieux»
  • La première étape de l’expédition fut Malte, facilement conquise. Dans l’une de ses premières décisions, Bonaparte libéra les 200 esclaves musulmans qu’il trouva sur l’île
  • Avant de débarquer à Alexandrie le général insista auprès de ses généraux et troupes sur le respect des mosquées et du Coran. Il leur demanda d’agir avec les mahométans, comme ils avaient précédemment agi avec les juifs et les Italiens
  • A la révolte du Caire, il répondit avec une grande répression. Rien d’étonnant de la part du « Général Vendémiaire » qui en fit autant dans sa propre capitale. Mais lorsque des soldats Français pénétrèrent à cheval dans la mosquée d’Al Azhar, il sanctionna sévèrement cet incident traumatisant pour les musulmans.
  • Menou, un de ses trois généraux, se converti à l’islam et se maria avec une Egyptienne. Celui-ci eu du mal à repartir lorsque l’ordre de rejoindre le pays à bord des navires britanniques fut donné.
  • Enfin, il prit un esclave mamelouk (Roustan) qui lui resta fidèle jusqu'à sa mort à Sainte Hélène.
Habile, le général Bonaparte comprit l’importance de la religion et des symboles qui lui sont associés pour le peuple qu’il envahissait. Cette attitude lui facilita largement la tâche, même si ça n’a pas été une partie de plaisir.

Ce que Bonaparte comprit, il y a plus de deux siècles, alors que la rencontre entre français et Egyptien était, en effet, un choc des civilisations, certains peinent toujours à intégrer.

dimanche 9 novembre 2008

Politique & Foot: Guerre et Paix

Lorsque certains spectateurs du match amical France Tunisie ont sifflé la Marseillaise à Saint Denis, tout le mode a compris la portée politique de ce geste. La sur-dramatisation de certains politiques français à poussé l’opinion à relativiser, admettant que ça a toujours été comme ça.

Oui, le foot est fondamentalement politique, et Oui, ça a toujours été le cas. En voici quelques exemples :
  • Le foot peut être une manière d’affirmer le pouvoir et une façon de le contester : Lorsque Franco adopta les « merengues » (Real) comme équipe fétiche de la dictature, les rivaux Barca et Atletico sont devenus les équipes de l’opposition au régime. Les supporters Azul y Grana disaient que « el Barca, es mas que un club », plus qu’un club, un parti politique!
  • Le foot c’est aussi une bataille d’image : Lorsqu’en 1974, la RFA (ex Allemagne de l’ouest) affronte la RDA (ex Allemagne de ‘est), les deux blocs regardent. L’ouest perd, et vue de l’Est, c’est la victoire du communisme sur le capitalisme. De même, lorsqu’en 1998, l’Iran rencontre les Etats Unis, c’est l’affrontement. Les iraniens remporteront ce duel, un parmi tant d’autres.
  • Aussi, le foot peut révéler un conflit dormant, et mettre en évidence des haines sous-jacentes. Dans ce registre, le derby 1990 entre Dynamo de Zargreb et l’Etoile rouge de Belgrade annonçait la fin de la Yougoslavie.
  • Enfin, le foot peut permettre de prendre une revanche, ainsi 1986, l’Argentine de Maradona, n’a pas gagné que les quarts de finale contre l’Angleterre. La « main de dieu » que Mr Ali Bennacer, l’arbitre tunisien de la rencontre, n’a pas vu est un signe du destin qui donna aux Sud Américains leur revanche de la guerre des Malouines, conduite par Tatcher en 1982. Cette rivalité perdurera longtemps : le match en 1998 était très tendu et Beckham s’est fait expulser. Ce n’est qu’en 2002 que le même Beckham arrachera la revanche de la revanche pour les Roastbeefs.
Mais, la dimension politique du foot n’est pas que négative. L’équipe Bleu Blanc Beur avait fédéré un temps la France en lui faisant assumer pleinement sa diversité. Le championnat d’Asie gagné par l’Irak avait gommé, le temps de la célébration, les différences entre sunnites, chiite et Kurdes. De même pour l’Espagne champion d’Europe, ou l’on revoyait les drapeaux rouges et jaunes brandis dans les foules basques et catalanes.

Cette portée politique du foot, aussi bien dans la confrontation que dans le rassemblement, n’est pas un secret : hommes politiques, médias et joueurs combinent habilement foot et politique. Ceux qui ont sifflé la marseillaise aussi.

mercredi 5 novembre 2008

Yes, they could!

Les Américains ont relevé le défi historique d’élire un président noir. Bravo! Sans tomber dans le “Nous sommes tous américains” excessif (et aussi agaçant dans le bien que dans le mal), il faut dire que c’est une bonne nouvelle pour tous les terriens que nous sommes.
On ne peut pas dire que l’effet surprise est énorme, mais il y a au moins trois effets « kiss cool » au lendemain de ce résultat :
  1. D’abord il y a l’effet “Ouf !” de ne pas voir Palin, l’allumée à quelques battement de coeur du bureau ovale.
  2. Ensuite il y a le “ Bon débarras!” car on se réjouit de voir la clique des faucons quitter le pouvoir après l’avoir exercé pendant huit ans en …vrais-cons.
  3. Le troisième effet, c’est “Quand même!”…un Master of ze Universe noir : qui l’eu cru !
Une fois remis de nos émotions, il faut espérer que BHO sera à la hauteur des attentes : ce métisse, mi- JFK, mi Luther King est attendu comme un messie, mais s’il gouverne aussi bien qu’il a gèré sa campagne, les résultats devraient suivre.

vendredi 31 octobre 2008

Dub-ya (W.), l’incroyable témoignage d’Oliver Stone

Très loin de Michael Moore ou de Karl Zero, Oliver Stone nous livre, un monument cinématographique. Après JFK et Nixon, voici sa troisième biographie d’un président américain… le plus improbable de tous!

Ce film traite avec brio trois dimensions de Bush et de sa présidence :
  1. Dimension psychologique : l’action de Bush est impossible à comprendre si on n’intègre pas la psychologie du personnage. Si on souhaite faire un raccourci, on dira qu’il est juste bête, mais Oliver Stone nos dévoile comment sa relation avec son père et son rapport à la religion ont façonné son style de leadership et ont pesé sur ces choix. Enfin, l’équilibre que lui apporte Laura Bush est bien traité.
  2. Dimension politique : même si le film se focalise sur l’individu W, Oliver Stone consacre une partie non négligeable au « système » qui l’entoure. Les personnages de Karl Rove, Condolleza Rice, Colin Powell ou des faucons (Cheney, Rumsfled et Wolfowitz) sont excellents. Les réunions sont précisément filmées et le rôle de chacun est subtilement suggéré. Lors de la décision de la guerre par exemple, lorsque Karl Rove évoque l’échéance électorale de 2004, il dans la pénombre, à peine visible.
  3. Dimension Historique : De la présidence de W, Stone couvre la période pendant laquelle la guerre en Irak s’est décidée. Il a su pointer ainsi un véritable tournant, non seulement dans le carrière du président, mais aussi dans l’Histoire des États Unis et du monde. Entendre Chirac dire au bout du fil avec un accent français et une voix grave « …but it’s about morality , George… » est rendre justice au choix courageux et avisé de la France.
Avec « W. », Oliver Stone condamne fermement les choix de cette administration au moment où elle s’apprête à quitter Washington. Mais l’impact du film sera plus grand, car voici enfin une œuvre regardable par les Américains eux-mêmes.

mardi 28 octobre 2008

Black or not Black : that is the question

Après une campagne presque parfaite, Obama est largement favori pour les élections du 4 novembre.
À sept jours du scrutin, rien ne pourrait désormais faire basculer le résultat : débats, choix des colistiers, affaires et autres déclarations sur la guerre et l’économie sont derrière nous.
La question raciale se trouve donc au centre du choix.

Alors que nous (à l’extérieur) vivons la victoire annoncée d’Obama comme une épopée romantique, élevant un métisse aux commandes du pays le plus puissant du monde, les américains, eux, la voient simplement comme un nouveau chapitre de lutte entre blancs et noirs.

L’attentat déjoué hier vient nous rappeler à quel point ce sujet reste sensible, notamment dans les états du sud qui voient en cet épisode un remake de la défaite de la guerre de Sécession ! (argument développé par une américaine de l’Arkansas que j’ai récemment rencontré, l’Arkansas étant supposé être un « swing » state !)

Mardi prochain, le test sera grandeur nature. Si Obama perd, la déception sera grande. Mais s’il gagne, il faudra rester attentif aux tensions que cela va générer. La même américaine de l’Arkansas assure froidement, qu’il y a une grande chance qu’il soit assassiné avant la fin de son mandat !

lundi 20 octobre 2008

Abnormal compensations ?

La rémunération des banquiers figure parmi les axes forts de réflexion sur la crise financière. Mieux, c’est devenu un bouc émissaire idéal pour les politiques, même les plus libéraux d’entre eux. Ainsi, Gordon Brown compte interdire les bonus dans les institutions aidées par l’état, et Sarkozy parle d’éthique et de morale quand il s’y réfère !

Même si on comprend bien les envies de certains politiques de rassurer, et les élans populistes d’autres, il est quand même légitime d’essayer de comprendre en quoi les salaires des rois de la finance seraient scandaleux.

Si on considère qu’un salaire doit être proportionnel au résultat généré, alors les bonus des banquiers ne sont aucunement disproportionnés : après tout, c’est quoi 1% de ce qu’on a fait gagner à des investisseurs heureux. Les commissions des banques d’investissements et des fonds spéculatifs sont alors négligeables. Aussi, rien d’anormal quand ces professionnels réclament encore plus de rémunération lorsqu’il excédent leurs objectifs, souvent ambitieux.
Selon la logique capitaliste, plus on génère de résultat, mieux on est récompensé. La logique est indiscutable, mais la notion de résultat l’est : c’est quoi un bon résultat ? S’il s’agit de vraie création de valeur pour l’ensemble de la société, la récompense est parfaitement légitime. En incitant les gens à créer, un système juste de récompense est vertueux car il permet d’instaurer une méritocratie. Mais lorsqu’il s’agit de s’enrichir en enrichissant une poignée d’investisseurs avides d’argent, toute notion de vertu disparaît.

Maintenant, plutôt de regarder la rémunération comme une récompense pour un résultat, je vous propose de la regarder dans sa dimension « compensation » pour un travail fourni.
Pour ce faire, essayons d’abord de comprendre selon quels critères on compense un travail. En dehors du résultat traité ci haut, j’en énumère quatre :
  1. Risque encourus : Comme on l’apprend en « Finance 101 », les retours sont toujours corrélés aux risques. Mais quels risques prenait un banquier en exerçant son métier? La réponse est « perdre son travail », càd, rien, surtout lorsqu’on le compare avec d’autres métiers ou l’on risque des poursuites pénales.
  2. Pénibilité du travail et sacrifices induits : même si les moquettes trop épaisses peuvent tordre des chevilles trop enflées, il est difficile de comprendre en quoi le travail d’un banquier est plus pénible qu’un autre! Travailler 18h par jour est certainement dur pour la vie personnelle. Ca l’est moins lorsqu’on est transporté en taxi, livré en sushi et surtout travaillant sur un truc qui vous intéresse.
  3. Compétence requise : Comme dans tous les domaines, la compétence est fortement rémunérée. Mais entendons nous bien : on ne parle pas ici d’énergie nucléaire ou de biotechnologies ni de talents managériaux extraordinaires. Car même si le jargon de la finance se veut très sophistiqué, ce qui a derrière est en général assez basic. La seule exception je dirai sont les matheux qui consacrent leur matière grise à concevoir des produits structurés compliquées. Ceux-ci sont en général ingénieurs issus des écoles françaises, mais ne sont paradoxalement pas les mieux payés dans ce système.
Bref, on voit bien que la rémunération des banquiers n’est justifiée QUE par leurs résultats en cash et qu’elle est décarrelée de toute notion de risque.

Plusieurs effets pervers sont induits par cette situation, dont la prise démesurée de risque qui fut largement discuté à l’occasion de la crise et accusé d’en être la cause.
Voici un autre effet d’ordre sociétal : L’opportunité de gagner de l’argent sans s’exposer à un risque proportionnel est arbitragée par tous ceux qui peuvent. Ainsi les esprits les plus vifs migreront (ou ont déjà migré) vers ces métier en laissant de cote les métiers plus traditionnels : Etre responsable d’une centrale nucléaire est juste stupide si on peut gagner dix fois plus d’argent sans s’exposer à tous les risques et tracas. D’ailleurs les jeunes d’aujourd’hui l’ont bien compris. Alors que les adolescents de ma génération rêvaient de devenir astronautes, chercheurs et ingénieurs, une grande partie de ceux que je rencontre aujourd’hui rêvent -rationnellement et cyniquement - de travailler dans la finance.

vendredi 3 octobre 2008

Amérique : Le Cœur ou la Raison

Après le débat entre candidats, le débat entre VPs vient confirmer la supériorité du couple Obama-Biden.

Même si sur le fond, les deux camps partagent plusieurs points, c’est le style qui fait la vraie différence.
Au style “pitbull avec rouge à lèvres” , les démocrates répondent avec un style « énarque ».
Alors que les uns jouent –et abusent- du patriotisme yankee, les autres raisonnent, et traitent tous les dossiers avec lucidité.
Les uns représentent ce que l’Amérique a de plus profond, les autres, ce qu’elle a fait de meilleur.
Les uns représentent le coeur et les tripes, les autres la raison.

Mais, sept ans après le 11 septembre et après la gestion catastrophique des guerres de Bush, le discours revanchard a moins d’échos. Aussi, au moment d’une crise économique sans précédant, c’est bien de raison (et de compétences) qu’on a besoin. Les Américains jugeront dans 32 jours.

jeudi 2 octobre 2008

Le long chemin de la démocratie

Une démocratie, ça ne se décrète pas, ça se construit. Alors que des exemples comme l’Irak et la Mauritanie montrent, par leurs échecs respectifs, qu’il ne suffit pas de décréter la démocratie pour la pratiquer, l’histoire des plus anciennes démocraties du monde prouve que le chemin parcouru pour atteindre ce stade est long et difficile.

Le cas de la France est exemplaire, car il a fallu environ un siècle pour que la transition entre l’Ancien Régime de monarchie absolue et la république démocratique s’opère et se stabilise.
En voici les différents épisodes représentés chronologiquement (abscisses) et positionnés selon le degré de concentration du pouvoir (ordonnés) :

jeudi 25 septembre 2008

GenX Options

S’engageant tard dans la vie personnelle et professionnelle, notre génération (X) aime « garder les portes ouvertes » et valorise cette les option dans ses choix. Voici, à mon avis, les deux paramètres qui entrent en jeu pour expliquer cela :

1 ) Volatilité
La valeur d’une option dépend de la volatilité des résultats (spectre des possibilités). Plus le spectre est large plus l’option a de valeur. Lorsque les gens vivaient dans un environnement étroit (le village, la petite ville), les issues étaient limitées et donc claires. Laisser les portes ouvertes ne servait donc a rien. Dans le monde globalisé dans lequel nous avons grandi, les possibilités qui s’ouvrent a chacun sont innombrables (ou vivre ? quel métier faire ? avec qui vivre ? comment vivre ?…). L’option qui consiste à ne pas s’engager a donc une grande valeur.

2 ) Durée de vie de l'option
Mais, l’autre élément qui détermine la valeur d’une option est le délai d’expiration de celle-ci. Plus on s’approche de la date d’expiration moins l’option a de valeur. Or, pour chacune des décisions énumérées ci-dessus, il y a une date d’expiration (explicite ou implicite). En vieillissant, les GenX se rangent dans les rangs, tantôt ayant réalisé les gains escomptés par leurs paris, tantôt par dépit.

mardi 23 septembre 2008

L’illusion des races

Il n’y a pas de Races ; Les différences entre groupes humains ne sont que des adaptations locales : Voici les conclusions de l’excellente exposition permanente du Musée de l'Homme à Paris. Intitulée « Tous parents, tous différents », elle met en avant l’origine commune de tous les hommes et de la diversité génétique de ceux-ci, faisant de chacun un être unique.

Basée sur des résultats importants et très récents de la science, l’exposition arrive à vulgariser et expliquer clairement des concepts de génétique et d’anthropologie. A visiter rapidement si possible car le musée fermera bientôt ses portes pour rénovation.

mardi 16 septembre 2008

Secousses financières

Il y a quelques mois, lorsque la crise des Subprimes a fait irruption, on avait deux questions simples: Combien d’actifs restent à dévaloriser? et Quand ce processus sera terminé ? Implicitement, le monde de la finance pensait qu’il s’agissait d’un incident de parcours, et d’ailleurs, ce n’était pas plus mal d’assainir cette belle machine de temps à autres…une sorte de vidange afin que le bulldozer « Finance mondiale » reparte de plus belle.
Ainsi, l’affaire Kerivel était considérée comme une anomalie, taitée avec mépris par la presse anglo-saxonne spécialisée. Cette affaire trop française ne devait pas révéler les excès du système financier, mais plutôt, l’archaïsme des entreprises françaises (systèmes et contrôles, éthique, motivation des traders, …). Mêmes les voix anticapitalistes étaient restées inaudibles car on les avait accusés d’opportunisme. Il auraient lâchement utilisé ce passage à vide du système pour l’attaquer, en parlant par exemple d’un nouveau Bretten Woods.

Mais …après la « nationalisation » de Fannie Mae et Freddie Mac par la réserve fédérale , le sauvetage in extremis de Bear Stearns par JPMorgan (financé par la même FED), voici le tour Merill Lynch et Lehman Brothers, deux monstres de Wall Street en voie de disparition. Chacune de ces secousses a ébranlé le système financier américain, et donc mondial. Le choc c’est avéré d’une magnitude plus importante que prévu, et la casse aussi.


Je ne crois pas que cela soit suffisant pour faire douter les rois de la finance, mais ça fait prendre conscience aux politiques et aux opinions publiques qui détestent l’idée de vivre dangereusement.
La reforme de la régulation financière est désormais un sujet politique de premier plan. On le verra notamment débattu lors des confrontations entre les candidats à la Maison-Blanche, dont la première a lieu dans tout juste dix jours.


jeudi 31 juillet 2008

Quai Branly

Globalement, le musée de Chirac est une réussite, et ce grâce au bâtiment de Jean Nouvel. À l’instar de la Fondation Cartier, le musée est « protégé » par une façade en verre. On traverse un jardin « tropical » pour parvenir au bâtiment principal formé d’un ensemble de quatre blocs géométriques, juchés sur des pilotis.


Malgré une scénographie bien soignée, les collections restent inaccessibles. Pour ma part, je me suis rabattu sur ma zone de confort en m’attardant sur la section nord-africaine. Celle-ci contient des pièces assez typiques de l’art populaire, mais ce que j’ai trouve particulièrement intéressant, c’est le distinguo entre les arts ruraux et les arts citadins.

En partant, je j’aurais aimé flâner à la terrasse du café du musée qui avait l’air très sympa.

Charlie Hebdo

Le journal satirique, qui a publié les caricatures du prophète en France, défraye à nouveau la chronique dans l’affaire Siné : Il s’agit du renvoi de ce chroniqueur pour avoir tenu des propos antisémites, faisant le rapprochement entre pouvoir, argent et confession juive.

En effet, je crois que le rapprochement entre le judaïsme et l’argent est un raccourci dangereux qui tient de l’antisémitisme.
Je crois également que le rapprochement entre l’islam et le terrorisme est un raccourci aussi dangereux qui tient de l’islamophobie et du racisme.

La direction du journal a réagi fermement cette fois-ci contre le débordement de Siné. Elle a eu raison.
Cette même direction avait brandi la liberté d’expression pour propager des caricatures provocatrices, injurieuses et aussi dangereuses. Elle avait eu tort !

mercredi 30 juillet 2008

Quant aux rumeurs qui circulent de temps à autre,…

« … , concernant l'alternance à la tête du pouvoir, je tiens à rappeler, en cette circonstance, que la question est d'ores et déjà tranchée par la Constitution.

Nous avons foi, pour notre part, en ce principe fondamental de notre système républicain, et nous considérons que la volonté du peuple est à la base de cette alternance et que la Constitution est l'arbitre décisif de tous… »

Extrait du discours présidentiel d’ouverture du Congrès du Défi - 30 juillet 2008

La mondialisation chez les Arabes

Cette carte montre les principaux investissements de plus d’un milliard de dollars émanant du moyen-Orient et effectués à l’extérieur de celui ci entre 2005 et 2007.




Grâce aux fonds souverains, les monarchies pétrolières du golfe se sont constitué une force de frappe non négligeable et entrent ainsi dans la globalisation par la grande porte.

Mais alors que certains s’en inquiètent en occident (pour des raisons généralement fumeuses), une récente étude de Deloitte vient de montrer que ces pays investissent plutôt chez eux, en utilisant leurs fonds pour soutenir leur propre développement et celui de leur région.

mardi 29 juillet 2008

Ozu ou le cinéma d’un monde flottant

Aujourd’hui, je me suis définitivement convaincu que les vrais films se voient (et se dégustent) uniquement dans les salles obscures. Après plusieurs tentatives DVD abrégées par manque de concentration, je viens de voir mon premier film du grand maître japonais Yasujiro Ozu…et quelle surprise !

Ozu, c’est le meilleur de l’age d’or Hollywoodien au pays du soleil levant. A l’instar des estampes japonaises, le monde d’Ozu est flottant. Sa capacité à raconter des histoires est incontestable, mais c’est son usage du silence qui est magistral. Il nous rappelle que le cinéma c’est l’art du temps.


Le film en question, « Fin d'automne », traite de la relation entre une mère veuve et sa fille, bonne à marier. Cette relation est perturbée par des amis de la famille, qui, essayant de caser la petite, créent un imbroglio aussi amusant qu’absurde. Bien que très localisé dans le Japon d’après guerre, le sujet est traité de manière universelle (la même histoire peut arriver –évidemment !-chez nous.);


Ozu a fait 54 films. Je me réjouis à l’idée qu’il en reste 53 à voir !

Ambassades de l’Empire

Il y a eu une récente polémique autour de la nouvelle ambassade américaine à Berlin, car l’architecture de ce bâtiment agace certains spécialistes qui y voient un signe d’arrogance.

L’ambassade de Baghdad, en cours de construction, trahit également par sa taille et son style, car elle semble signifier que les Américains n’ont aucunement l’intention de partir.
Mais sans chercher loin, en regardant l’ambassade américaine à Tunis (taille, situation, style, …), il nous est aisé d’imaginer le pouvoir qu’elle pourrait avoir chez nous.

Lorsqu’il s’agit d’ambassades, l’architecture semble etre un moyen supplémentaire pour afficher la puissance de l’empire.

samedi 26 juillet 2008

Valse avec Bachir

Excellent film israélien retraçant les événements de Sabra et Chetila perpétrés en septembre 1982 au Liban :



Le film relate fidèlement ces faits au travers des souvenirs / remords d’anciens soldats israéliens.
Comme Les Citronniers, cette œuvre montre des israéliens qui s’interrogent sur les absurdités causées par ces guerres et qui d’une certaine façon, reconnaissent la souffrance palestinienne.

vendredi 25 juillet 2008

Histoire Graphique : La République de Bourguiba 1957 - 1987

Avec Bourguiba, la République, la Nation, l’Etat, le Parti, s’identifient tous à un homme. Pendant trente ans il a cumulé la présidence de l’Etat et du parti en créant ainsi un système à sa mesure sans que cela empêche une certaine vivacité politique à l’intérieur comme à l’extérieur du parti:

lundi 7 juillet 2008

Marché Central

Pour les nostalgiques des saveurs du pays comme pour ceux qui veulent se rendre compte de l’inflation, quoi de mieux qu’un tour au « Marchissontral ». En voici les couleurs, je vous laisse deviner les bruits et les odeurs…enjoy !



Icônes Tunisiennes

dimanche 6 juillet 2008

Terrace à Tunis

12h37. Terrasse de café sur l’Avenue. 40 degrés à l’ombre. Spectacle Tunisois d’un jour d’été.

Ambiance de finale. Les couleurs sang et or dominent. Pas d’étoiles à l’horizon. 

Du bleu : ciel, persiennes d’immeubles blancs, chemises de flics, Clio immatriculée en Algérie.

Des passants : un couple, bras dessus bras dessous, un monsieur en casquette et en bermuda, La Presse sous le coude, à l’affût d’une place « stratégique » en terrasse, un groupe de touristes blonds et disciplinés.

Bruits : klaxons typiques en temps de canicule, klaxons plus rythmés des supporters « giallo-rosso », sirènes d’ambulances.

Chapeau de paille, sac monoprix, Bus Phebus Voyages sur le trottoir d’en face. Deux hommes sérieux, cravate et lunettes noires, look ministère de l’intérieur.

Du jaune : taxis, maillots espérantistes, bus, citronnade.

Groupe de femmes voilées, visiblement étrangères.

Un mendiant s’arrête. Rabbi inoub !

La Khorma, affiche déchirée.

Deux touristes d’un certain age, l’air de faire de la marche dans un sauna.

Des marques : LG, Tunisiana et Delice sur des maillots. Tunis air, Coca cola. Je remarque le Carlton hôtel.

Couple récemment marié, marques de henné sur les mains et sous les pieds de la mariée.

La facture. 5d400 pour un coca et un jus d’orange. Je pense que c’est cher.

Une jeune fille en blanc passe. Elle dénote de par son élégance. Ceci manque cruellement aux garçons tunisiens qui se sont malheureusement abandonnés aux panta-courts et aux maillots de foot. Les noms de Ronaldino, Riquelme, Robben et autres stars du ballon rond apparaissent dans mon champ visuel.

L’horloge affiche 13h00. Le soleil est au zénith.

Un bizness suit deux jeunes filles de (très) près. Un homme d’affaires tunisien marche lentement, mais parle fort dans son portable. Un bus jaune suivi d’une 404 bâchée. Les klaxons reprennent. Le couple de touristes repasse dans l’autre sens, encore plus transpirants.

Il est temps de rentrer. Le couscous doit être prêt à la maison. Un taxi jaune s’arrête.

jeudi 26 juin 2008

Histoire Graphique - 1934 – 1956 : Le Neo-Destour

Après le congrès de Ksar Helel s’ouvre la troisième grande période de la lutte pour l’indépendance. Elle fut très riche en événements, notamment marquée par la seconde guerre mondiale qui changera radicalement la relation des nationalistes avec le protectorat.

Cette période se soldera par la lutte acharnée pour le pouvoir entre Ben Youssef et Bourguiba. Le conflit portait sur le fond (positionnement par rapport aux Arabes et à la France) et sur la forme (fallait il procéder par étapes et accepter l’autonomie interne). Vainqueur de cet ultime combat (il commanditera l’assassinat de Ben Youssef en 61) Bourguiba aura été tout au long de cette période au centre du mouvement.


mercredi 25 juin 2008

Tu es un "Generation X" tunisien si…

Tu es un GenX tunisien si :

  • Tu écrivais des lettres manuscrites à tes amis et tu envoyais des cartes postales à tes parents
  • Tu connaissais les numéros de téléphone utiles par cœur
  • Tu ne ratais jamais un épisode de Grandaizer et aimais te cultiver en regardant Labiba et Kisset el insen
  • Les « Orientations du combattant suprême » à la télé annonçaient l’heure de passer à table
  • Tu écoutais attentivement la speakerine pour avoir le programme télé de la soirée
  • Pippo Baudo et Rafaella Carra t’étaient aussi familiers que Nagib el Khattab et la RAI1 était ta deuxième chaîne nationale
  • Tu captais les autres chaînes italiennes grâce une couscoussière greffée sur ton antenne hertzienne
  • Quand tu as découvert l’A2, c’était Passionnément !
  • Tu te souviens vaguement de la crise du Pain et très bien d’un certain 7 novembre 1987
  • Ton premier contact avec l’informatique fut pour développer en Basic, mais tu es aussi un pro de Pacman
  • Tu collectionnais les Pannini avant chaque grande compétition et pour toi, voir la Tunisie participer au Mondial était un rêve
  • Tu te souviens du Railways en division nationale, du CAB champion et du COT vainceur de la coupe
  • Tu faisait tes courses de l’Aid à Charr-Di-Goll (Charles de Gaulles) et tu te soignais à Charr-Nicoll (Charles Nicole).
  • Tu as eu des stylos Reynolds, des cahiers Selecta, des jeans Bogart et des chaussures Bata
  • L’été avant de dormir, tu passais un coup de Flytox car tu redoutais les moustiques venant de la bouhaira, encore polluée
  • Tu aimais flâner a La Fayette et t’aventurer dans la rue Zarkoun
  • Tu aimais aller au Studio 38 pour voir des films américains et au Capitole pour les films de Karaté !
  • Tu pouvais (encore ) te baigner à Rades et à la Goulette
  • Tu trouvais que Halfaouine est un film érotique et tu rêvais d’être Raafat el Hajjan
  • Tu écoutais Eros Ramazotti, Habbouba, Lionel Richie et Ragheb Alema et tu dansais le smurf, et le break

Mais…malgré toutes ces bonnes choses, quand tu as atteint la majorité, tu ne pensais plus qu’a une chose : quitter le pays !

lundi 23 juin 2008

Palestine, la vie tout simplement

Une exposition parisienne sur la Palestine a récemment attiré mon attention. Intitulée « Palestine, la vie tout simplement », cette expo conçue par l’artiste tunisienne Michket Krifa présente des photos de la vie quotidienne des palestiniens.

La qualité même des photos n’a rien d’extraordinaire, mais l’intention et la scénographie sont brillantes.

En effet, il s’agit simplement d’humaniser les palestiniens, et de les montrer dans leur vie quotidienne, loin des clichés véhiculés par les médias internationaux. On y voit des mariages, des enfants qui jouent, des familles à la plage....

La création de cette proximité affective avec les palestiniens est un pre-requis nécessaire pour une compréhension de la souffrance de ce peuple.

jeudi 19 juin 2008

Obama, rock star

Vainqueur de l’investiture démocrate, Obama ne cesse de grandir en stature et en crédibilité. Au delà des considérations politiques, du momentum et du bilan désastreux de ses adversaires sortants, c’est le charisme du sénateur de Illinois qui fait son succès outre atlantique.

Pour s’en rendre compte, voici une vidéo qui reprend un de ses discours (New Hampshire, Janvier 2008) sous forme de chanson. déjà visionnée plus de 8 millions de fois sur YouTube, cette vidéo lui donne des airs à la fois de Luther King et de Kennedy. A ce rythme, le McCain est cuit…comme des frites !



mercredi 18 juin 2008

Les Citronniers

Je viens de voir Les Citronniers, film époustouflant du réalisateur israélien Eran Riklis avec la très charismatique Hiam Abbas.

Il s’agit de l’histoire d’une palestinienne qui se bat contre l’arrachage de ces citronniers suite a une décision de l’armée israélienne.

À travers de deux personnages féminins, la palestinienne Salma et l’israélienne Mira, Riklis arrive à exprimer avec brio la souffrance de l’une et les remords de l’autre.

A voir !

Mare Nostrum (2/2)

Après avoir élaboré sur les raisons officielles de la construction méditerranéenne, je vais essayer de comprendre les vraies raisons derrière cette initiative. Les questions à se poser sont donc pourquoi maintenant ? et pourquoi Sarkozy ?

Loin des intentions louables décrites dans mon précèdent post, il me semble clair que le projet tel que pense par Sarkozy est politicien, politique et géopolitique.

  1. Gérer l’immigration : Ce sujet s’impose (malheureusement) de plus en plus comme un thème politicien et qui fait et défait les gouvernants d’Europe. Sarkozy l’a bien compris. Collaborer avec le sud permet de soigner ce point, dans le fond, et surtout dans la forme.
  2. Méditerranéiser la Turquie : pour mieux la dé-europeaniser. Sarkozy ne cache pas sa position sur ce sujet, qui par ailleurs, passionne la France ! La Méditerranée serait une alternative a l’entrée de la Turquie en Europe et une sortie honorable de l’impasse actuelle. On peut même imaginer un leadership turque dans cette construction avec des institutions siégeant a Istanbul : ville charnière entre l’Occident et l’Orient.
  3. Normaliser les rapports avec Israël : Israël et l’Autorité Palestinienne font naturellement partie du projet. On peut en effet penser que le fait mettre une Libye ou une Syrie autour de la même table qu’Israel, ne serait ce que pour parler de pollution ou d’éducation, est déjà un grand pas en avant. Cette démarche énerve déjà car, s’il doit y avoir une normalisation des relations avec Israël, plusieurs pensent qu’elle doit se faire en posant les vrais problèmes sur la table.
  4. Sécuriser l’Europe : La collaboration policière et militaire contre le terrorisme est déjà une réalité en Méditerranée. Avec l’union, elle ne fera que s’accélérer.
  5. Garder le contrôle : L’Europe du sud, notamment la France, a toujours considère, à juste titre d’ailleurs, la rive sud comme sa zone d’influence. Cette influence est aujourd’hui menacée sous la pression des américains (accords commerciaux, notamment avec le Maroc) et des chinois (récente pénétration en Algérie).
  6. Affirmer un leadership européen : Ce dossier fut fortement conteste par le reste de l’Europe pour plusieurs raisons, mais surtout pour des raisons de leadership. Car si la Pologne utilise ce dossier pour tenter une ouverture à l’est, l’Allemagne se sent écartée et l’Espagne (le pays le plus méditerranéen de tous !), se voit reléguée au second plan. La France a évidemment revu sa copie initiale, car il s’agit maintenant de l’union POUR la Méditerranée, ou toute l’UE est partie prenante en non pas uniquement les 7 pays de la rive sud et la commission, mais la démonstration est faite car le lancement de ce dossier lors de la présidence française de l’nion montre bien aux autres partenaires le rôle moteur que jour la France.

Maintenant, en confrontant cette lecture cynique du projet a la lecture optimiste, je reste persuade que c’est une excellente chose.

Je pense que tout est a faire, car si le projet européen est en construction depuis 50 ans, il ne faut pas espérer un projet prêt a porter.

Pour un projet d’une telle envergure, il faudra une vision et beaucoup de bonne volonté..sans lesquelles, ca sera un Barcelone bis.

mardi 17 juin 2008

Mare Nostrum (1/2)

Notre chère mer du milieu est au centre de l’actualité : A l’approche du 13 juillet, date du lancement officiel de l’Union de (ou pour) la Méditerranée à Paris, les commentaires et les opinions affluent, alors de quoi s’agit il ? D’abord pourquoi ? Comme dans tout, il y a des raisons officielles et il y a de vraies raisons. Ensuite Comment ? quelle forme donner a cette union ? est-elle concurrente, complémentaire ou subordonnée à l’UE ?…

Dans ce post, je vais commencer par développer sur les raisons officielles qu’il faut malgré tout prendre au sérieux. En effet, le projet est inspiré par le très sérieux Institut de Prospective Economique du Monde méditerranéen (IPEMED).

L’idée de cette initiative est de passer à l’action après le processus de Barcelone, jugé décevant. Grâce a une approche pragmatique sur des dossiers concrets dont voici les principaux :

  1. Eau : déficit hydrique de plusieurs pays de la rive sud devenant inquiétant et l’alerte de pénurie est là. La collaboration avec l’Europe facilitera le financement d’usines de dé salement.
  2. Pollution : Il est prévu de créer une agence de bassin gérant et traitant les sources de pollution notamment les rivières qui s’y déversent.
  3. Migration : au-delà des enjeux politiques et politiciens de cette question, l’idée est de collaborer pour trouver une solution humaine a ce phénomène sachant que l’Europe aura de plus en plus besoin de ces flux migratoires a cause de ralentissement démographique.
  4. IDE : Les investissements directs étrangers restent faibles en dehors des hydrocarbures. Il s’agit de stimuler ces investissements via une banque de développement dont le rôle serait équivalent à celui de la BERD en Europe de l’Est.
  5. Education : accélèrer les partenariats entre universités des deux rives, et pourquoi pas imaginer a moyen terme la mise en place d’un programme d’échange type Erasmus.
  6. Histoire : enfin, mettre en place une commission pour harmoniser ce que les uns et les autres apprennent de l’autre comme ont fait la France et l’Allemagne.

Que des bonnes idées qui enchantent les amoureux de cette région. Pour les enthousiastes, dont je fais partie, ce projet permettra d’écrire une nouvelle page de l'histoire de cette région, car ce berceau des civilisations qui a vu émerger les trois religions monothélistes, qui a vu passer les civilisations égyptienne, grecque, phénicienne, carthaginoise, romaine, byzantine, musulmane, andalouse, ottomane…et j’en oublie…mérite mieux que le statut d’un lac dessinant une triste frontière nord-sud et truffé de bases américaines et de « Pateras » à la dérive !

lundi 2 juin 2008

UMA ou OUMMA ?

En parcourant des posts du 1er Juin consacrés au Maghreb, j’ai remarqué que pour la plupart des bloguers (1,2,3,4,5,...) , même si l’idée du Maghreb semble naturelle et évidente, une question reste entièrement posée : Quelle forme donner à cette union?  UMA (union type UE qui commencerait par des considérations économiques) ou OUMMA (union fondée sur une notion de nation et de peuple Maghrébins).

samedi 31 mai 2008

Élites du Maghreb / Maghreb des élites

Le Maghreb contemporain est l’œuvre des fondateurs des états modernes, ces élites qui à l’indépendance, ont accédé au pouvoir façonné les états naissants selon leurs convictions. Ils ont mis les pays sur des trajectoires distinctes qui permettent d’expliquer certaines spécificités actuelles :

Cas du Maroc:

Au Maroc, l’élite qui a lutté pour l’indépendance provenait de la bourgeoise urbaine, notamment Fassi et s’organisait dans le Parti de l’Istiklal. Elle sera alliée au Roi dans la lutte pour l’indépendance. De par son origine et ses alliances, cette élite s’accommodera d’un régime monarchique et prolongera le schéma aristocratique qui la justifie et protége ses privilèges. Ceci est perceptible aujourd’hui encore.

Cas de l’Algérie :

En Algérie, l’élite qui a lutté pour l’indépendance du pays est formée de colonels révolutionnaires, meneurs d’une lutte armée. Une fois au pouvoir, cette élite a instauré un régime du type révolutionnaire et a choisi le socialisme comme doctrine. Elle a en conséquence entraîné la société dans une trajectoire de type « Russe ». Les similitudes avec ce modèle sont encore visibles aujourd’hui car, comme en Russie, les utopies égalitaristes ont cédé leur place à une libéralisation effrénée et à une concentration des richesses entre une poignée d’individus.

Cas de la Tunisie:

Enfin, dans le cas de la Tunisie, les architectes de l’indépendance provenaient des classes moyennes. Éduqués dans les écoles et universités de la république, souvent  en métropole, ils s’étaient imprégnés des valeurs des lumières et fascinés par le modèle républicain.

À l’indépendance, ces élites proclameront la République et déploieront ses principes : école publique gratuite et obligatoire, égalité entre hommes et femmes, une certaine forme de laïcité (confiscation des Hbous,…) et l’émergence d’une classe moyenne.

Malgré certaines entorses et pressions, la Tunisie d’aujourd’hui est fondamentalement républicaine, à la française.

lundi 19 mai 2008

Problème de langage

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis devenu insensible à un certain registre du vocabulaire arabe dont voici un échantillon :

 مكوينات المجتمع الوطني/ المدني, المسار الاصلاحي, تعزيز أركان الديمقراطية / تكريس أسس الديمقراطية, التنمية  الشاملة, تظافر الجهود, مشروع حظاري, حوار بناء, تفعيل دور الشباب,الخيارات الجوهرية, الانتاج و الانتاجية ، إلخ. . 

La liste est encore longue, mais ces mots qui constituent la matrice sémantique de la doctrine officielle, sont malheureusement devenus inaudibles.

Si vous essayez de traduire un discours officiel (ou un slogan) en Français, en Anglais, ou même en Arabe style Al Jazira, vous verrez qu’il gagnera en sens et en lisibilité.

Il va sans dire que les personnes non ou peu instruites n’ont aucun moyen d’accéder au sens : je serai curieux de voir des statistiques qui montrent combien de personnes saisissent tout ce qui se dit sur la politique intérieure pendant le journal de 20h sur TV7.

Le discrédit du discours officiel est probablement dû à plusieurs raisons, mais je suis persuadé que le langage n’est pas la moindre.

vendredi 16 mai 2008

Réforme des états arabes à Sciences Po

Je viens d’assister à un débat fort intéressant à  Sciences Po Paris, avec la participation de Hubert Védrine, Tahar Ben Jelloun, l’ambassadeur d'Egypte en France et Bertrand Badie, Prof à Sciences Po.

Devant les étudiants, les participants ont essayé de définir la notion de reforme arabe et en délimiter les contours. Après un rappel historique sur l’origine du réformisme, phénomène né dans le 19e siècle en réaction à la suprématie occidentale, M Védrine a énumèré trois sources pressant au réformisme:

  1. les pressions internes, provenant d’arabes vivant dans les pays ou à  l’étranger
  2. les pressions européennes, en général bien intentionnées selon lui, sont codées dans les gênes de la relation entre les institutions de l’EU et le monde arabe
  3. enfin, plus récentes, les pressions américaines inspirées par les Neo-Cons de l’administration actuelle.

 Après un vif débat, parfois confus, sur les modalités de cette reforme et sur sa nature, quatre hypothèses ont émergé :

  1. les pays arabes céderont a la pression occidentale et adopterons la démocratie telle quelle : cette hypothèse a été unanimement rejetée.
  2. un déposte éclairé conduira une réforme efficace. L’exemple d'Ataturk a été cité à plusieurs reprises
  3. une explosion sociale, voire une révolution politique qui induira les changements nécessaires
  4. entraînés par la globalisation et le développement économique, ces pays finiront par effectuer leur reforme par la pression des synergies avec le monde qui les entoure.

Les deux dernières hypothèses étant les plus probables, M. Badie a conclu en faisant remarquer que dans les deux cas, ce sont les sociétés arabes elles-mêmes qui feront le travail.