vendredi 16 mai 2008

Réforme des états arabes à Sciences Po

Je viens d’assister à un débat fort intéressant à  Sciences Po Paris, avec la participation de Hubert Védrine, Tahar Ben Jelloun, l’ambassadeur d'Egypte en France et Bertrand Badie, Prof à Sciences Po.

Devant les étudiants, les participants ont essayé de définir la notion de reforme arabe et en délimiter les contours. Après un rappel historique sur l’origine du réformisme, phénomène né dans le 19e siècle en réaction à la suprématie occidentale, M Védrine a énumèré trois sources pressant au réformisme:

  1. les pressions internes, provenant d’arabes vivant dans les pays ou à  l’étranger
  2. les pressions européennes, en général bien intentionnées selon lui, sont codées dans les gênes de la relation entre les institutions de l’EU et le monde arabe
  3. enfin, plus récentes, les pressions américaines inspirées par les Neo-Cons de l’administration actuelle.

 Après un vif débat, parfois confus, sur les modalités de cette reforme et sur sa nature, quatre hypothèses ont émergé :

  1. les pays arabes céderont a la pression occidentale et adopterons la démocratie telle quelle : cette hypothèse a été unanimement rejetée.
  2. un déposte éclairé conduira une réforme efficace. L’exemple d'Ataturk a été cité à plusieurs reprises
  3. une explosion sociale, voire une révolution politique qui induira les changements nécessaires
  4. entraînés par la globalisation et le développement économique, ces pays finiront par effectuer leur reforme par la pression des synergies avec le monde qui les entoure.

Les deux dernières hypothèses étant les plus probables, M. Badie a conclu en faisant remarquer que dans les deux cas, ce sont les sociétés arabes elles-mêmes qui feront le travail.

2 commentaires:

Barbenoire a dit…

Je suis d'accord avec cette conclusion, c'est aux sociétés arabes de faire progressivement ce travail comme l'ont fait avant elles les sociétés occidentales.
La démocratie est un cheminement lent et significatif de la maturité d'un peuple.
Néanmoins,les pressions extérieures doivent,à mon sens, être un élément accélérateur de ce processus, dans la mesure où ces pressions ne sont pas telles qu'elles suscitent un ressentiment ou une méfiance des peuples concernées, entrainant le rejet des principes démocratiques et le repli sur sois.

Amira a dit…

Ahlen ! J'y étais aussi :-) Le débat aurait pu être de meilleure qualité si le sujet avait été mieux défini. "La réforme des pays arabes" c est tellement vaste !L'Ambassadeur d'Egypte était assez décevant, même pas capable de se tenir correctement... On fera mieux la prochaine fois !