
Lorsque certains spectateurs du match amical France Tunisie ont
sifflé la Marseillaise à Saint Denis, tout le mode a compris la portée politique de ce geste. La sur-dramatisation de certains politiques français à poussé l’opinion à relativiser, admettant que ça a toujours été comme ça.
Oui, le foot est fondamentalement politique, et Oui, ça a toujours été le cas. En voici quelques exemples :
- Le foot peut être une manière d’affirmer le pouvoir et une façon de le contester : Lorsque Franco adopta les « merengues » (Real) comme équipe fétiche de la dictature, les rivaux Barca et Atletico sont devenus les équipes de l’opposition au régime. Les supporters Azul y Grana disaient que « el Barca, es mas que un club », plus qu’un club, un parti politique!
- Le foot c’est aussi une bataille d’image : Lorsqu’en 1974, la RFA (ex Allemagne de l’ouest) affronte la RDA (ex Allemagne de ‘est), les deux blocs regardent. L’ouest perd, et vue de l’Est, c’est la victoire du communisme sur le capitalisme. De même, lorsqu’en 1998, l’Iran rencontre les Etats Unis, c’est l’affrontement. Les iraniens remporteront ce duel, un parmi tant d’autres.
- Aussi, le foot peut révéler un conflit dormant, et mettre en évidence des haines sous-jacentes. Dans ce registre, le derby 1990 entre Dynamo de Zargreb et l’Etoile rouge de Belgrade annonçait la fin de la Yougoslavie.
- Enfin, le foot peut permettre de prendre une revanche, ainsi 1986, l’Argentine de Maradona, n’a pas gagné que les quarts de finale contre l’Angleterre. La « main de dieu » que Mr Ali Bennacer, l’arbitre tunisien de la rencontre, n’a pas vu est un signe du destin qui donna aux Sud Américains leur revanche de la guerre des Malouines, conduite par Tatcher en 1982. Cette rivalité perdurera longtemps : le match en 1998 était très tendu et Beckham s’est fait expulser. Ce n’est qu’en 2002 que le même Beckham arrachera la revanche de la revanche pour les Roastbeefs.
Mais, la dimension politique du foot n’est pas que négative. L’équipe Bleu Blanc Beur avait fédéré un temps la
France en lui faisant assumer pleinement sa diversité. Le championnat d’Asie gagné par l’
Irak avait gommé, le temps de la célébration, les différences entre sunnites, chiite et Kurdes. De même pour l’
Espagne champion d’Europe, ou l’on revoyait les drapeaux rouges et jaunes brandis dans les foules basques et catalanes.
Cette portée politique du foot, aussi bien dans la confrontation que dans le rassemblement, n’est pas un secret : hommes politiques, médias et joueurs combinent habilement foot et politique. Ceux qui ont sifflé la marseillaise aussi.